La vie de Charles de Gaulle

Charles de Gaulle naît à Lille, dans la maison de ses grands-parents maternels. Baptisé juste après sa naissance, il grandit par la suite dans l’appartement parental parisien, auprès de sa mère Jeanne et son père Henri, enseignant en histoire et lettres.

Après une scolarité au Collège Stanislas de Paris, il part chez les jésuites à Antoing (Belgique) afin d’opter pour la carrière militaire et d’intégrer l’école spéciale militaire de Saint-Cyr d’où il sort diplômé et est affecté à Arras où il se trouve sous le commandement du colonel Philippe Pétain.

Il épouse Yvonne de Gaulle, issue d’une riche famille d’industrielle de Calais puis le couple a trois enfants : Philippe (1921-2024), Elisabeth (1924-2013), Anne, atteinte de trisomie 21 (1928-1948).

Avec l’achat de La Boisserie, c’est l’arrivée de la famille de Gaulle dès 1934 dans le village de Haute-Marne de Colombey-les-Deux-Églises. Cette demeure, avant tout familiale, n’est utilisée dans un premier temps que lorsque le lieutenant-colonel de Gaulle est en permission.

Retiré de la vie politique après le référendum d’avril 1969, Charles de Gaulle effectue deux derniers voyages en Espagne puis en Irlande.

Frappé par une rupture d’anévrisme à la table de bridge, Charles de Gaulle décède à la Boisserie le 9 novembre 1970.
Vie militaire

Le lieutenant de Gaulle prend part aux combats dès le début de la Première Guerre mondiale en Belgique, dans la Marne puis à Verdun. En mars 1916, alors qu’il combat à Douaumont, une baïonnette lui transperce la jambe et lui fait perdre connaissance. Laissé pour mort par ses compagnons d'armes, il est fait prisonnier par les Allemands.

Après cinq tentatives d’évasion infructueuses, il est libéré à l’armistice du 11 novembre 1918 et rejoint Paris un mois plus tard.
Dans l’entre-deux guerres, il effectue un service au Levant (Liban) ainsi qu’en Pologne avant de revenir en France et d’être chargé de cours d’histoire à l’Ecole de Saint-Cyr.

Entré à l’Ecole supérieure de guerre, il développe sa théorie selon laquelle la France doit se doter d’une force blindée puissante et performante et durant cette période il publie La Discorde chez l'ennemi (1924), Le Fil de l'épée (1932), Vers l'armée de métier (1934) et enfin La France et son armée (1938). Surnommé « Colonel Motor », il prend le commandement du 507ème régiment de chars de combat de Montigny lès Metz en 1937.

Durant la campagne de France, il s’illustre lors des batailles de Montcornet, où il fait 400 soldats allemands prisonniers puis d’Abbeville et est nommé général, à titre provisoire, le 1er juin 1940.

Le gouvernement démissionnaire laisse place au Maréchal Pétain lequel souhaite signer l’armistice avec l’Allemagne. Le lendemain, Charles de Gaulle repart pour Londres afin de poursuivre le combat.

Avec le soutien de Winston Churchill et du « War Cabinet » , il accède au micro de la BBC et lance l’appel à la résistance le 18 juin 1940.

Considéré comme un acte de rébellion et de trahison envers son pays, cet appel lui vaut d’être condamné à mort par contumace en août 1940.
Vie politique

Reconnu pour ses faits d'armes durant la campagne de France de mai-juin 1940, il intègre le gouvernement de Paul Reynaud quelques jours plus tard en qualité de sous-secrétaire d’Etat à la guerre et la défense nationale. Lors d’une première rencontre infructueuse avec Winston Churchill, il ne parvient pas à convaincre le premier ministre britannique d’envoyer la Royal Air Force au-dessus du sol de France pour empêcher l’invasion allemande.

Chef des Français libres, il prend la tête du Comité Français de Libération Nationale (CFLN) en 1943 puis devient président du Gouvernement Provisoire de la République Française (GPRF).

Exclu des opérations du Débarquement en vue de la libération de la France par le Général Dwight Eisenhower, il revient en France le 14 juin 1944 sur la plage de Courseulles-sur-Mer avant d’entrer triomphant dans Paris le 25 août 1944.

Il démissionne de la tête du gouvernement provisoire en janvier 1946 et entame pour lui la « traversée du désert ».

En 1947, il fonde le Rassemblement du Peuple Français et consacre une grande partie de son temps à la rédaction de ses Mémoires de guerre, sorties entre 1954 et 1959.

Ce sont l’instabilité en Algérie et la crainte de voir s’éterniser les combats qui provoquent le retour de Charles de Gaulle au pouvoir. Convaincu que la France doit se doter d’une nouvelle constitution, il charge Michel Debré (futur Premier ministre) d’en assurer la rédaction. La constitution de la Vème République française est promulguée le 4 octobre 1958 et Charles de Gaulle est élu Président de la république par un collège de grands électeurs le 21 décembre 1958.

Profitant des « Trente Glorieuses » et de la forte croissance économique, la France des années 60 est lancée dans de grands projets sous l’impulsion de Charles de Gaulle. Durant cette période les Français assistent au lancement du paquebot France, les fusées Véronique et Diamant font du pays la 3ème puissance spatiale tandis que les Jeux Olympiques d’hiver sont organisés à Grenoble en 1968. Avec les manifestations du mois de mai 1968, les étudiants puis les ouvriers protestent contre le pouvoir et paralysent le pays. Les accords de Grenelle passés avec les syndicats et le patronat calment les esprits et aboutissent à des hausses de salaire et la généralisation de la 4ème semaine de congés payés à tous les salariés.

En avril 1969, Charles de Gaulle soumet aux Français un nouveau référendum, portant sur la régionalisation et la réforme du Sénat, dans lequel il indique qu’en cas de désaveu, il démissionnerait des fonctions présidentielles. Avec la victoire du non, Charles de Gaulle démissionne et se retire à La Boisserie.