Les voitures du Général de Gaulle
Les voitures emblématiques
de Charles de Gaulle
Charles de Gaulle a possédé trois voitures emblématiques : la Citroën 15 Six H, la Citroën DS19 et la Renault Rambler. Bien plus que de simples moyens de transport, elles reflètent son goût pour l’élégance, le confort et la modernité. Ces véhicules l’ont accompagné dans ses déplacements officiels, dans sa vie quotidienne et ont également fait partie de ses voitures présidentielles lors de sa présidence.

La Citroën 15 Six H 1954
du général de Gaulle
L'ultime Traction du Général
La Citroën 15 Six H a longtemps été la voiture personnelle du général de Gaulle. Il a été l’heureux propriétaire de quatre « Traction » : deux type 11 et deux types 15.
La Citroën 15 (chevaux) Six (cylindres) H (hydropneumatique) modèle 1954 est la quatrième traction acquise en 1955.
De Colombey à l'Élysée
C’est à bord d’une 15 Six H que le général de Gaulle et son épouse effectuaient les trajets entre Paris et la Boisserie, sa demeure de Colombey-les-Deux-Églises.
Le 29 mai 1958, la 15 Six H entre dans l’Histoire : c’est à son bord que le Général quitte la Boisserie pour le Palais de l’Élysée où le président René Coty l’invite à former un gouvernement de salut national et à engager une profonde réforme des institutions.
Une Traction tout confort
Malgré des performances inchangées – 15 cv développant 8/80ch à 4000 tr/mn – la 6H bénéficie d’un confort accru grâce notamment à un nouvel aménagement intérieur : nouvelle conception pour les sièges et dossiers, une moquette en Dunlopillo qui renforce l’impression de moelleux et l’insonorisation de la caisse.
La publicité de l’époque soulignait le confort, la tenue de route et la sécurité d’une voiture « où l’on se sent comme chez soi ».
Véhicule prêté par Madame Diane Marzloff et Monsieur Edouard de Guitaut.
La Citroën DS19
1958
En route vers Villacoublay
Le 22 août 1962, aux environs de 20 heures, deux Citroën DS 19 banalisées et escortées de deux motards quittent le palais de l’Élysée en direction de la base aérienne de Villacoublay pour y prendre un hélicoptère à destination de Colombey-les-Deux-Églises.
À bord de la seconde, Charles de Gaulle, de retour d’un Conseil des ministres, son épouse Yvonne ; le Colonel Alain de Boissieu, gendre et aide de camp du président, est quant à lui assis à côté du chauffeur, le gendarme adjudant-chef Francis Marroux.
L’assaut du Petit-Clamart
Alors que le cortège, roulant en direction de Vélizy-Villacoublay où attend l’hélicoptère présidentiel, arrive à hauteur du Petit-Clamart, le commando Bastien-Thiry, dissimulé en guet-apens dans une Renault Estafette, ouvre le feu sur la DS présidentielle.
Ignorant que les pneumatiques du véhicule présidentiel sont à l’épreuve des balles, les tireurs visent les roues, sans succès. L’un d’eux, Georges Watin, envoie une rafale de MAT 49 à l’arrière de la voiture où sont assis Charles de Gaulle et son épouse. Anticipant l’assaut in extremis, Alain de Boissieu crie aux de Gaulle de se baisser ce qui leur évite d’être touchés.
Une tentative qui échoue
Sur les 150 balles tirées par le commando, seuls les huit impacts de Watin seront identifiés sur la DS. Réalisant l’échec de l’attaque, Gérard Busines tente d’éperonner la DS avec l’Estafette, tandis qu’à ses côtés Alain de La Tocnaye par-delà la portière, tente de mitrailler la DS quand son arme s’enraye.
Par un concours de circonstances, le chef de l’État et son épouse survivent à la tentative d’assassinat et bientôt les terroristes seront arrêtés et déférés devant un tribunal d’exception.


La Renault
Rambler
Une voiture sur mesure
Le modèle présenté est commandé auprès de la Régie Renault, pour le général de Gaulle, Président de la République, en 1962.
Immatriculé 6 PR 75, le véhicule, carrossé par Henri Chapron, est blindé, doté de pneus anti-crevaisons mais il a été très peu utilisé par le Général.
Un assemblage international
Les Rambler, automobiles conçues par American Motors Corporation sont assemblées par Renault pour le compte de l’entreprise américaine dans un usine de Haren, en Belgique, entre 1962 et 1967.
Les voitures, envoyées sous forme de pièces détachées des États-Unis sont alors assemblées puis distribuées par Renault. D’autres modèles, les Classic et Ambassador, sont produites par IKA Renault en Argentine, à Santa-Isabel de Córdoba jusqu’en 1972.
Un refus présidentiel
À l’issue de l’attentat du Petit-Clamart, Roger Frey, ministre de l’Intérieur de mai 1961 à avril 1967, commande la Rambler sans en informer Charles de Gaulle, alors que celle-ci est réalisée sur mesure.
Malgré l’importance de la sécurité et le besoin évident de circuler en voiture blindée, le Président de la République refuse de l’utiliser.
Du haut du perron de l’Élysée face à la Rambler, il se serait écrié : « Où est ma DS ? » et, s’adressant à Roger Frey, aurait dit : « Ceux qui l’ont commandée n’ont qu’à la payer et la garder ! ». De l’humour gaullien !